l'équipe de SAWEB a effectué une recherche sur les "FERRERO", voici le résultat :

La famille FERRERO


         Denis FERRERO est le père des FERRERO, il était juge de paix suppléant à Bou-Saâda avant 1914, il  avait 3 garçons : Antoine (l'aîné), Gabriel, Armand  et une fille Jeanne (Mme BARRIERE). La femme de Denis est une BRIFFAT ( la famille BRIFFAT parente des FERRERO exploitait l'hôtel du Caïd). 

M. SERRAT François et Mme SERRAT  Paule née FERRERO fille d'Antoine nous ont envoyé un écrit qu'ils ont trouvé dans les archives de la famille, il s'agit de quelques pages de littérature sur Bou-Sâada et le moulin Ferrero, écrites en 1915 par Armand FERRERO l'oncle à Mme SERRAT  Paule née FERRERO.. D'après Mr & Mme SERRAT, Armand FERRERO était normalien à l'époque.

Voici le 1er texte  :

Un palmier de Bou-Saâda



           
Un palmier domine toute la palmeraie de Bou-Saâda Et, ce roi de l'oasis, je le vois en imagination, comme si je le voyais des yeux, se dessiner échevelé dans le couchant empourpré, au-dessus d'une mer de verdure, au bout de l'immense plaine du Hodna. A ce souvenir, un sentiment de grandeur indescriptible reste en mon coeur. Je n'oublierai jamais ce géant du désert.

Les arabes le vénèrent comme un Dieu; et lorsque le "Kamess" fidèle y monte couper les régimes, il laisse, attaché aux palmes, son foulard en signe d'offrande. Cet infiniment  petit bout d'étoffe rouge flotte au moindre souffle du vent depuis, un beau jour, on ne voit plus. la rafale l'a mis en lambeaux et a emporté jusqu'au dernier morceau.

Le pauvre arbre a senti le "mendjel" tranchant le séparer de ses fruits pendant que l'on jouait du tam-tam, au bas, et que les Mauresques poussaient de joyeux you, you ; il a été en proie aux froids et aux tempêtes de l'hiver et le revoilà en paix.

Son tronc est grêle, droit comme un jet qui s'élève de terre, il est de tous les tons noirs, dégradé, aussi il est difficile d'y grimper. Son panache se détache en parasol dans l'azur; sa tête est bien dans le feu du ciel. il semble promener sur tous les autres palmiers, ses inférieurs, son haleine que produisent ses palmes balancées par le vent. Par les temps calmes, immobile, il regarde comme un grand-père les jeunes palmiers au feuillage d'un beau vert  tendre encore poudré de blanc. Et lui, séculaire toujours vigoureux, ses feuilles sont rigides, épaisses, d'un vert foncé qui s'assombrit sous les nuages, devient noir sur un fond gris, s'éclaircit après la pluie et a ,  à la lumière vive, des reflets d'un bleu céleste.

Pendant les journées du mois d'août, il est couronné d'une auréole de poussière d'or. il demeure impassible, mais son feuillage s'estompe. Les régimes qui apparaissent microscopiques, lors de la maturité des dattes, ont un éclat jaune de Naples et orangé. Il a alors la visite de l'étourneau qui vient se régaler de ses plus beaux fruits dont il en est très friand. Celui-ci en a fait son domaine car il n'a pas à craindre si haut l'atteinte du chasseur et, une fois bien repu, il se met sur une palme et entonne son chant sur des notes aiguës qui parcourent les airs.

Quand souffle la tempête, ce palmier courbe la tête mais ne rompt jamais, et, aussitôt qu'elle cesse, il reprend son attitude roide. Ses pieds baignent dans l'oued; ses nombreuses racines enchevêtrées, ressemblant à des cordelettes en poil de chameau, le fixent solidement au sol; elles retiennent aussi la rive et empêchent les crues d'emporter le jardin voisin.

Il entend continuellement le glou - glou  de l'eau sur les galets, la rumeur des laveuses et tous les bruits jusqu'à ceux du plus profond de l'oasis. le muezzin, seul, au sommet de la colline, et, du haut du minaret, est plus élevé que lui. Il a  l' oeil sur tout l'univers. Son chant, qui a je ne sais quoi de divin, plane cinq fois par jour sur toute la palmeraie, et, dans un silence auguste, ce grand palmier semble commander à ses frères le prière.

Le dattier est l'arbre nourricier du désert; sans lui le Sahara serait inhabité et inhabitable. On comprend la reconnaissance des arabes pour cet arbre qui prospère dans le sable, qui reste vert quand tout autour de lui se torrifie sous les rayons d'un soleil implacable. Aussi, on peut dire qu'un seul arbre a peuplé le désert. Ses fruits y créent non seulement l'aisance, mais la richesse.

Armand FERRERO
Bou-Saâda, le 13 février 1915

 

 

Un 2ème texte  sur moulin Ferrero  sera   très prochainement sur votre  site, visitez le site ...
                                                                                              
Amicalement.
                                                                         M.A. LOMRI (Site des amis de Bou-Saâda)
                                                                                                                        
m.lomri@free.fr


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